Rôle de la chimie dans notre quotidien
Rendre possibles de nouvelles thérapies :
Vaccins à ARNm, thérapies géniques, traitements ciblés : La chimie fabrique des “véhicules” invisibles qui escortent le traitement puis le libèrent au bon endroit, au bon moment.
Détecter plus tôt les maladies, suivre plus précisément :
IRM : Rendre une image médicale plus lisible
Au bloc opératoire : aider le chirurgien à intervenir avec précision grâce à des colorants qui rendent certaines zones plus visibles.
Réparer et régénérer le corps :
Des fils chirurgicaux qui se résorbent, des pansements “gel” qui aident à cicatriser, des prothèses traitées pour que le corps le tolère et que l’os s’y fixe durablement.
Les découvertes à Strasbourg qui ont ouvert la voie
Soigner le lupus
À Strasbourg, une idée née au laboratoire a franchi toutes les étapes jusqu’à la clinique : un peptide découvert par Sylviane Muller a été développé jusqu’en phase III pour traiter le lupus (plus de 5 millions de personnes concernées). Et parce que la science réserve parfois de belles surprises, P140 s’est révélé utile au-delà du lupus, avec des résultats encourageants dans des modèles d’autres maladies inflammatoires (Sjögren, MICI/IBD, goutte, asthme, parodontite…). De quoi élargir l’espoir à d’autres maladies, et à d’autres vies.
Valves cardiaques pédiatriques
Une nouvelle technologie, créée par l’entreprise européenne Xeltis, utilise les recherches de Jean-Marie Lehn dans la fabrication d’implants cardiovasculaires constitués de polymères capables de s’adapter à la croissance des enfants avant de se résorber naturellement. Grâce aux recherches fondamentales menées à Strasbourg, plus de 30 jeunes enfants malades dans le monde ont déjà pu être sauvés.
Vaccins & thérapies
Les découvertes de Jean-Paul Behr en chimie ont ouvert la voie aux vaccins à ARN messager et aux thérapies géniques qui sauvent aujourd’hui des millions de vies. Chimiste visionnaire, ses recherches ont donné naissance à Polyplus, une entreprise strasbourgeoise aujourd’hui incontournable dans le domaine de la biotechnologie, rachetée 2,4 milliards d’euros par Sartorius en 2023. Il n’imaginait sans doute pas, en menant ses recherches à Strasbourg, que ses découvertes serviraient un jour à sauver des millions de vies.
Les méthodes qu’il a mises au point pour faire pénétrer l’ADN ou l’ARN dans les cellules sont aujourd’hui au cœur des vaccins à ARN messager qui ont changé le cours de la pandémie, mais aussi des thérapies géniques et cellulaires qui redonnent de l’espoir à des patients atteints de maladies rares ou de cancers.
Mieux traiter le cancer
Dans le laboratoire d’Alain Wagner, à Strasbourg, une idée guide tout : viser la tumeur avec précision, tout en épargnant au maximum le patient. Sa chimie permet de concevoir des conjugués anticorps-médicament (ADC) plus maîtrisés — des “vecteurs” capables de transformer une puissance toxique en attaque précise. De ces avancées naît Syndivia (2014), pour faire passer une preuve née à la paillasse vers une nouvelle génération de traitements ciblés.
Aujourd’hui, la start-up développe un programme préclinique contre le cancer de la prostate et franchit un cap en 2025 avec un accord majeur signé avec un grand groupe pharmaceutique. L’objectif est très concret : plus d’efficacité, une meilleure tolérance, et au bout du compte un quotidien un peu plus respirable pour les patients.